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13.1.11

Débutant



Depuis le 1er avril… Je ne suis pas très assidu. J’ai ouvert ce blog en mai 2006, il y a près de 5 ans…

D’un point de vu photographique, il s’est passé des choses. Je suis auto-entrepreneur. J’ai mon code APE, celui d’artisan photographe. Je suis officiellement photographe. J’ai même eu ma première commande, à un tarif de sweat-shop vietnamienne, mais il faut bien se lancer ! J’ai 2 stages de prévu en mars et avril en photo de mode, j’ai une coach très efficace et qui n'hésite pas à le dire quand ce n'est pas bien, bref, je me forme avec sérieux !

J’ai envoyé mon formulaire en juin dernier. Tout s’est passé à merveille, j’ai reçu pleins de papiers que je ne comprends pas, de divers organismes de retraite, de prévoyance, de sécu etc… J’ai eu quelques sueurs froides face à cette paperasse, mais en principe, je suis en règle.

J’ai un premier site sur book.fr, un peu limite quand même, mais suffisant pour mon premier contrat au tarif précité, en même temps la séance a duré 20 minutes, donc ce n’est pas mal!!

La grande question, c’est comment se faire connaître. D’abord un site web correct et pro. C’est la base de nos jours. Une demande sur kob-one, et près de 70 propositions de graphiste !! Les prix se tiennent tous, beaucoup de jolies choses, quelques unes sans intérêt ou au goût douteux. Mais ce n’est pas tout, il faut une visibilité. Je tâte du adwords, c’est marrant, j’ai quelques contacts, mais c’est loin d’être gratuit ! Je l’ai paramétré en réseau display (blog, mail etc…) en me limitant à 15000 impressions (affichage de la pub), je paye par click, je récupère un peu de trafic, quelques euros par jour, ça fait beaucoup plus par mois, donc à utiliser avec raison !!! Bien-sûr, il y a tous les autres sites, de référencements, annuaires, fermes de lien etc… les payants, les gratuits bref, une belle jungle ! Mais enfin, je débute, il faut prendre le temps, j’ai toujours fait comme ça. Et ne pas oublier le plus important, la photo, parce que sans elle, ce n’est même pas la peine d’en rêver !!

9.8.08

La solitude du voyaguer, Caldera Chili.

La famille m'attend en Cornouaille. Je les rejoins dimanche. J'expérience un petit moment de solitude, comme chaque année. Une autre solitude, il y a cinq ans. Caldera, Chile, village de pêcheur de la côte chilienne. Aucun intérêt notable, juste un damaiers de rue qui donne sur la mer, rien de plus. La seule attraction du coin, une plage de sable blanc quelques kilomètres plus loin. J'attéri là en fin d'après-midi. Le Routard m'indique un hôtel sordide face à la place du village. Je suis le seul gringo. On est en plein hiver australe, il commence à faire froid. Aucun touriste ne vient ici à cette saison et encore moins un gringo. Je déambule dans le village. Finalement, je calme mon ennui dans un restaurant. Je commande un pizza. Je mange ma pizza, avec la télé chilienne à fond, strasse et paillette et mini-jupe, la dueña est à côté de moi. Nous ne sommes que deux dans la salle. Les chiliens mangent plus tard. Je ne savais pas trop quoi faire, de toute façon, aucun bus avant le lendemain. Etape forcée. Le désert moche, triste à crever du nord chilien. C'était il y a cinq ans. Entre temps, Elle est arrivée. Nous sommes quatre maintenant. Les enfants commencent leur apprentissage du voyage. Je les rejoins dimanche, enfin.

24.6.08

Analyse


Ca s'est fini comme ça. Mais avant il y a eu celle là.


Et puis juste avant celle là.


Je vous passe les autres... Bon, il faut que j'arrête mes conneries deux minutes. C'est du n'importe quoi... J'ai chargé mon 1n avec de la Tri-X, j'ai plein de Portra 400 VC dans le frigo pour donner à manger à Holga et promis, j'arrête ces bétises...

8.6.08

Entretien, CV, lettre de motivation, dossier de photos (une vingtaine)

Jeudi 17h30. Trouver les bonnes photos. Y'en a t'il? Je vois bien deux trois trucs. Mes séries, un peu bancal, mais elles parlent de ma photo, alors tant pis, on se jette à l'eau et on verra bien. Une série sur Rueil, une autre sur différents lieux de villégiatures, quelques photos sur les touristes, des portraits. Vingt photos... Il y en a déjà plus de trente... Tant pis. Parler de ce moment où je tiens mon appareil dans ma main. Où j'entoure ma main avec ma courroie, où je vise, où je déclenche, clac, parfois la rafale qui part. Ce moment où je m'agenouille face à un modèle où on attend le moment où il se détend. Une fraction de seconde... ouf... dans la boîte. Et puis l'autre lorsque le temps de pose est trop long, respiration qui s'arrête, muscle qui se contracte trop, on respire, on se relâche, les épaules se dénouent et clac. Se fondre dans le décor, habillé sombre, un fixe standard réglé à l'hyperfocale, cette vielle dame, je la suis, je la dépasse, clac, une groupe de goths qui vient vers moi, appareil à la poitrine, clac, clac, clac. Expliquer ce moment, et puis l'angoisse de la planche et du compte-fil. Merde, remerde... le film est transparent, quoi chercher là dedans, trop poussé... En sortant de la chambre noire, putain de grain, pourquoi cette 3200? Les photos que l'on retrouve quinze ans après, un type qui pique-nique au pied de la Sears Tower à Chicago, un bouquet de fleurs à Amsterdam, première respiration après sept mois de n'importe quoi. Et puis les photos que j'ai oublié de prendre. L'appareil à la main, impassible... L'émotion devant les Américains de Robert Frank, Travelog de Charles Harbutt, Correspondance New-Yorkaise de Depardon, une série de Plossu ou de Winogrand. Le malaise inspirant d'un Antoine d'Agata, d'une Diane Arbus, d'une Nan Goldin. Se dire qu'un jour... Non, pourquoi? Pour perdre le plaisir? Non, merci...

1.6.08

Dépression

Ca arrive parfois. Une dépression photographique mineure, mais je suis bien dedans. Quelles sont les symptomes? Des doutes de plus en nombreux, la certitude de ne plus rien exprimer, d'être vide. Tout à l'air de partir dans n'importe quelle direction, je n'arrive pas un tenir un sujet. Bref, il me faut un "déclenchement thérapeutique". En espérant qu'après, tout rentrera dans l'ordre. Je m'aperçois aussi que je n'ai même pas de scrupule à claquer 2650€ dans une formation en photo. Putain... un mois de salaire, 5 mois de nounou, 8 mois de crèche, 177 paquets de couche, 90 petites robes chez DPAM, 3300 petits pots de compote pomme coing "Agriculture Biologique", 27 dessous à offrir pour la St Valentin... Quel égoiste... Mais aussi 30 séances chez un psy...

27.5.08

Sincérité


" (…) La photographie serait-elle ce qui permet, par la vision, de vivre tous les autres sens ?

Le relief, le bruit, l’odorat ne sont-ils pas inclus dans une bonne image ? (…)

(…) C’est là la qualité essentielle de la photographie : apprendre à voir, et montrer l’authenticité de ce qu’on ressent. (…)

(…) Il faut prendre son temps, en photographie, ne pas courir après modes ou tendances, mais réfléchir, REFLECHIR : donner au temps le temps de cette réflexion.

Quand je construit un livre, un ensemble, c’est le temps, le temps long, qui est la clé de voûte. Par exemple « The African Desert » publié 12 ans après sa fin, ou « le Voyage Mexicain » publié 13 ans plus tard.

C’est ainsi que les images se construisent ensemble, tout doucement. (…) "

Bernard Plossu sur photographie.com

17.5.08

Lectures


Petite bibliographie de ces derniers mois...

13.5.08

Ivresse


Ca fait deux ans que ce blog existe. J’ai eu 4000 visiteurs, moi y compris. Le plus part passe juste un clic et puis s’en vont, d’autres musardes un peu plus longtemps et merci à eux. Au début, j’avais une ambition, je voulais créer une histoire qui s’alimenterait de photos, produisant une espèce de roman illustré s’écrivant au jour le jour, puis j’ai voulu juste « poster » mes photos y adjoindre parfois un commentaire. Parfois, il s’est transformé en un journal intime puis en album photo etc… J’ai eu l’envie plus d’une fois de le supprimer, de dire adieu à la toile, à l’absence chronique de lecteur et de retour et puis finalement, je persévère.
J’aime bien l’idée de ces mots jetés comme une bouteille à la toile. De temps en temps je reçois des visiteurs de pays lointains, même si les voies du net sont parfois impénétrable et que derrière un visiteur d’Algérie se cache peut être mon voisin de pallier.
J’écris ici comme j’écrivais dans mon moleskine que je délaisse totalement. Le dernier entrée remonte à près d’un an. J’y écrivais une ébauche d’histoire, une de plus.
Je crois qu’il s’agissait d’une conversation entre un père et son fils. Pour le premier je devais m’inspirer de Depardon et pour le dernier, d’un fils en manque de reconnaissance.
Je pourrais retranscrire ce que j’avais écrit en pure perte une fois de plus, pour mon seul plaisir. Parce qu’il s’agit bien de ça, non ? Il ne m’arrive quasiment jamais de lire en entier un texte sur le net. Je l’avoue. Mais quelle photo pour l’illustrer ? C’est ça la difficulté de cet exercice, trouver la bonne accroche pour illustrer ou au moins attirer la lecture.

- Tu es content de toi ?
- Et toi ? Tu es content de moi,
- (…)
- Excuse-moi…
- Ce n’est rien… j’ai toujours été content de toi.
- (…)
- Elles sont tristes tes photos. Tu es triste ?
- Je l’ai été. Pendant longtemps je n’ai été que ça.
- Je suis désolé. On n’aime pas faire cela à son enfant. Avec ta mère on voulait vous épargner ça, on s’est trompé. Je suis désolé.
- Ce n’est pas grave. Tu aimes mes photos, vraiment ?
- Il y a des années je n’aurais pas dit la même chose. Les photographes sont seuls. On est seul derrière le viseur, la photo se révèle dans le noir ou sur ton ordinateur, tu n’es rarement là quand on voit tes photos dans la presse. Pourquoi insister et prendre le vide comme tu le fait ?
- J’ai peur des autres de leur regard, de leur jugement.
- Alors pourquoi l’exposer ? C’est pire, non ? Quand je revenais de reportage, un type regardait mes planches, en choisissait quelques unes, les vendaient, classaient les autres, point. Qui se foutait de moi, du mec qui avait pris les risques, qui sacrifiait sa vie de famille pour ça ? Toi, tu viens avec ton âme, tu prends le risque qu’on te dise qu’elle ne plaît pas, qu’elle ne soit pas le vent, qu’elle ne vaux rien…
- Tu as raison j’imagine… Dis-moi, tu as peur de mourir ?
- Maintenant oui… Depuis que je suis seul, oui. J’ai peur de n’être plus jamais heureux. De ne plus aimer, quoi de pire ? De ne plus respirer le parfum d’une peau…
- Tu aurais pu choisir autre chose ?
- Oui, peut-être. Mais j’ai eu peur de cette vie. La peur, la vraie. Sur un champ de bataille ce n’est pas la même peur. Surtout que je ne tenais pas une arme mais mes boitiers, j’avais peur de ne pas sortir la photo, j’étais spectateur, mon cerveau fonctionnait à plein tube. Tu entends les balles qui sifflent, tu sens la poudre, le claquement des fusil, pas celui d’Hollywood, le vrai, un claquement sec, puis le sifflement. Ton guide s’effondre devant toi. L’action. Tu doit réagir, repérer le bon angle et le bon abris. Mais cette autre peur… Un enfant… Une femme…

Mots perdus écrits le 10 septembre dernier.

11.5.08

Beauf

C'est le genre de chose que l'on essaie de cacher. On le dissimule sous des milliers de pages de littérature et d'essai, des centaines d'heures de réflexion sur des sujets que l'on veut croire important. Et puis voilà, un jour on est obligé d'avouer que oui, on était au parc des Princes pour assister à un match de 1ère division. Pas n'importe quel match, d'accord, mais tout de même. Alors pourquoi le foot? On peut remonter à l'été 86, un déjeuner dans la maison de mes grand-parents à Chalette sur Loing dans le Loiret, sur une vielle télé, un France-Brésil interminable qui nous fit oublier une pizza dans le four. Encore plus loin, 1984 (?), dans le vieux stade Yves du Manoir, aujourd'hui réduit à une minable tribune, alors qu'il était le stade de l'équipe de France et des finales de Coupe de France. Là, c'était un Racing Club de Paris contre Nice en match de barrage pour l'accession en D1. Le match avait été interrompu par un orage mémorable. Mais c'était la première fois de ma vie que j'allais au stade. J'avais 10 ans, j'étais avec mon père. Bref... Il y a d'autres flashs, un France-Allemagne en 82 chez une arrière grand tante à Issoudun où nous n'avions pas eu le droit à la télé, nous nous étions rabattu sur une radio et son écouteur.
Plus loin encore, le match d'ouverture de la Coupe du Monde 78, dans une lointaine Buenos Aires, sur la télé noir et blanc avec pied incorporé très tendance années 70... Et puis les finales de la Coupe de France 82 et 83, victoire du PSG, embrassade de la pelouse pour Borelli, sombrero de Touré...
Et puis c'est surtout en 91 que tout commence, Tribune Auteuil, un PSG-Nîmes sans intérêt, doublé de Amara Simba (deux retournés... respect) et puis on peu dire que c'était parti jusqu'en 98, une demie-finale de Coupe du Monde entre la France et la Croatie... 800F (120€!!) la place, tirée au sort, une tribune entière d'invités, le dégoût pour le fric, le superficiel, l'impression d'être des pigeons...
Il y a eu des rémissions, en novembre 2001 et avril 2001, des PSG-Nantes, bornes d'une passade sans intérêt.
Et puis voilà, hier, retour au Parc. Rien n'a changé. Les tenues changent, les joueurs passent, mais tout reste tellement, pareil... Les odeurs de hot-dog, les frustrations, la colère, la libération du but, les chants de joie et puis les trois coups de sifflets finaux... La vie, rien de plus. J'attends avec impatience d'y emmener mon petit garçon, peut être de le convaincre aussi.

20.4.08

Nature morte

Mon fils prenait l'un pour un balai et l'autre pour une perceuse voire un marteau. Finalement, je trouve pour ce dernier un faux air de T-Rex.

8.12.07

Planche à pain


Beaucoup d'espoir et puis finalement pas grand chose. Peut être la neuf et encore... Toujours travailler, toujours refaire et espérer avoir de la chance. Est-ce que c'est autre chose de toute façon? Juste de la chance? Pas seulement bien sûr... Mais là il n'y a rien... Tant pis... 13€ + la péloche à la poubelle...

14.5.07

Rideau



Yaschica MG-1. Belle bête en tout cas. Bien massif, bien rétro. On fait la mise au point en alignant deux images (télémètre...), aucun bruit (ah! le chant du 20D...). On se sent bien avec un tel objet. Presque aussi bien qu'avec le Lubitel ou le Holga!! Heureusement je viens d'investir dans un scanner, un canon 8600f. Belle bête là aussi, bien massif aussi, mais assez efficace. Un bon complément pour mon artillerie sino-russo-nippone!!

30.4.07

Piece of news


Mercredi 2 mai? La photo reprend après 4 semaines de vacances. La Nouvelle Star ensuite, très important, la Nouvelle Star... Une demie-finale de Champions League, Manchester contre AC Milan peut-être... A part ça? Je ne vois pas...

3.4.07

8.3.07

Numérique


Ca devait arriver... Il y a peu j'ai déposé une photo sur un site (excellent : www.lavieengris.com par l'auteur de www.photofloue.net ). Je reconnais la qualité n'était pas bonne, une mauvaise numérisation d'un néga trop mou faite au 20D. Mais j'aimais bien cet esprit, amplifié par le Lubitel... Les commentaires n'ont pas été élogieux, loin de là... Mais le pire a été un reproche sur la présence de... fils électriques qui auraient dû être effacés... Voilà exactement ce que je déteste dans le numérique. Cette idée que soudain on puisse effacer un fil électrique... Il n'a rien demandé ce fil, il est là aussi pour montrer le côté immuable du lieu. Mais non, le numérique est là et avec lui le modernisme qui consiste à tout effacer... Oublions les difficultés incommensurables pour musérer correctement la lumière lorsque l'on n'est pas par une belle journée de printemps, oublions la profondeur de champs, impossible à bien évaluer, oublions le coût exorbitant de l'équipement complet boîtier+objectif (si possible L pour Canon..) Ordinateur+imprimante+consommable+papier+scanner+écran calibré+disque dur externe... C'est vrai, j'oubliais, un RAW permet tout, y compris de croire que la photo la plus insipide prendra du relief simplement parce qu'on est un pro de photoshop... Je n'aime pas cette idée... Pour la moi la photo reste une vision du monde tel qu'il est, même si je trouve trsè bien que l'on puisse le truquer, mais pourquoi croire que tout doit être modifié, maquillé... C'est vrai que le travail en labo le permet aussi, c'était même un métier à part entière, mais je ne sais pas... j'ai l'impression qu'on a un autre contact avec l'image, plus humain, plus tactil... Bien sûr, je sais que très vite, l'argentique deviendra un luxe inabordable (quoique l'économie n'est jamais aussi simpliste), alors j'en profite... J'accepte de passer des plombes à simplement positionner une bande entre deux plaques de verres, et puis là, je comprends ce que je fais, j'ai l'impression jouissive de pouvoir pour une fois, faire la nique aux marketeurs... De ne pas avoir eu un océan de 1 et de 0 entre moi et ma photo. Il me semble qu'elle m'appartient un peu plus...

9.2.07

La Mélancolie (…après Miossec …et avant le 22 avril)


Sur le mur, derrière, un poster du Ché, on a oublié le goût du sang et de la souffrance. « Il faut juste sa carte de permanent ».
Perdu sur le Causse, les deux pieds dedans, à croire qu’ici ou à Cochabamba c’est du pareil au même. « C’est même gratuit pour les perdants ».
Contre les patrons. Pour les travailleurs. Tant pis si tout a changé. « Tout le monde y a le droit de temps en temps ».
Les couleurs qui se mélangent. Les querelles qui désunissent. Les fleurs qui fanent un jour. « C’est pacifiste on ne lui rentre jamais dedans. »
Avec un tailleur blanc, un regard absent, on n’est pas là pour se marrer, et est-ce qu’ils s’aiment vraiment ? « Qui démolit tout doucement. »
En croyant créer la surprise, alors qu’on a rien à proposer, se dire différent, pour être moins transparent. « Dans nos vies de petits blancs. »
L’envie d’en découdre, qui n’empêche pas de faire peur, qui veut sa revanche, même si on reste toujours un petit. « Qui vous demande, qui vous explique, qu’on est plus des enfants. »

2.2.07


[Il y a une semaine. Une bonne épaisseur de neige, un village que je n'avais pas revu depuis dix ans. Une cérémonie de remise de la légion d'honneur au milieu de trois sénateurs, d'un député, d'un président d'université, d'un doyen... Tout ça pour un village en voie de disparition.]
Elle se réveille avant moi... Bébé se réveille doucement... Elle ouvre le placard des toilettes.
[On imagine tout se beau monde dans un salon, sous les dorures de la République, non, ils se retrouvent dans une salle des fêtes humide, sous le patronage d'un St Vincent grossier. Dans l'assistance, des agriculteurs, et qui d'autres? Qui peut vivre ici?]
Elle reste plus longtemps que d'habitude. Elle déchire un emballage.
[Les discours se perdent dans le public. C'est toujours trop long de toute façon. Est-ce émouvant? Oui peut être. Je découvre un oncle. Je le vois soudain pour la première fois dans ce qu'est sa vie.]
Me suis-je endormi? J'ai l'impression qu'elle va enfin sortir...
[C'est étrange. Je ne le savais pas si bon orateur. Je n'avais surement jamais voulu le voir de cette façon.]
Elle revient enfin, elle tient un objet en plastique blanc à la main. Elle me le montre. Je regarde le petit écran... Un seul mot... Juste un...

12.1.07

Train à l'approche


D'abord quitter ton lit, essayer de ne pas faire de bruit, toujours une latte pour exploser le silence. Le froid qui te réveille d'un coup, oublier le corps chaud qui respire doucement. Sortir, quitter ta rue, le calme, pour rejoindre le métal et le béton. Surveiller l'écran, même pas le temps d'attraper un Libé, tu liras au dessus d'une épaule un gratuit. L'escalator, ne pas trop te mettre à l'avant, éviter les mauvaises rencontres. Courir juste ce qu'il faut. Le train grince en gare. Il y a du monde... C'est la bétaillère, celle où on a enlevé les banquettes. C'est vrai, on rentre plus de monde debout, qu'assis... Le gros de la foule descendra de toute façon avant toi. Tu surveilles on ne sait jamais, parfois tu flippes, ce type devant toi avec le sac à dos... Attentif ensemble... Surveillez votre porte-feuille... Ca rassure, non?

11.11.06

De l'invention de la cafétéria


Que s'est-il passé pour en arriver là ? Quelques aristocrates britanniques qui s'en allaient se dégourdir les jambes et les sens à travers l'Europe, un allemand voyageur qui se prit d'amour pour un liquide noir venu du Moyen Orient, des immigrants hispaniques échoués en Californie, des princes italiens en pleine Renaissance, un premier ministre très porté sur l'art contemporain, des chercheurs en mal de communication, des nerds boutonneux persuadés qu'une boîte en plastique branchée à un écran et équipé d'un clavier pourrait un jour remplacer notre bon vieux journal qui rend les doigts tout noir... Et vient ensuite la question qui tue: une fois qu'on en est arrivé à ce point de l'évolution, c'est quoi l'étape suivant?